Substrat et mélange de terre

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Substrat et mélange de terre

Message  Wakaï Azarashi le Mer 23 Juil - 9:50

1. GENERALITES


Nous abordons ici un sujet extrèmement important dans la culture du bonsaï.

Il est bien évident que le substrat dans lequel sont cultivés les bonsaï n’est pas une terre comme les autres. Non seulement la plante dispose d’un volume très réduit, mais elle a besoin d’un bon équilibre entre les divers éléments pour bénéficier d’un support suffisamment nourrissant, mais aussi aéré et retenant bien l’humidité. Cette terre idéale n’existe pas dans le commerce. L’amateur de bonsaï doit donc préparer soi-même ses mélanges.

2. QUALITES DU MELANGE


Le mélange de terre est fonction :

Ø de l’espèce de l’arbre (conifère, feuillu).

Ø du lieu de culture (climat, exposition).

Ø de la hauteur de l’arbre (shohin bonsaï ou grand bonsaï).

Ø de l’âge de l’arbre.



Un mélange de terre doit être :

Ø propre et sain.

Ø aéré car les racines :

· consomment de l’oxygène (si celui-ci n’est pas présent dans le substrat, elles vont le chercher là où il se trouve, c’est à dire en dehors du pot ou tout autour de la terre à l’intérieur du pot).

· rejettent du gaz carbonique qui, si on le laisse s’accumuler dans la terre, a un effet toxique mortel, et est favorable au développement de la pourriture.

l’air doit y pénétrer sans pour cela qu’il y ait des poches d’air, car les éléments tels argiles ou éléments organiques, qui dans le temps s’affinent, viennent les comblés. L’ensemble se tasse, l’eau pénètre de plus en plus difficilement, ne parvient plus à chasser le gaz carbonique et donc n’apporte plus d’oxygène aux racines.

Ø drainant, tout en maintenant une bonne humidité (pas de stagnation de l’eau sinon risque de pourriture des racines par asphyxie ).

Ø nourrissant (riche en oligo-éléments).

Ø de degré d’acidité (pH) correspondant à l’espèce.



La granulométrie est la caractéristique essentielle d'un bon mélange de terre. Elle doit être assez grosse pour permettre une bonne aération et un bon drainage, mais assez fine et poreuse pour permettre une bonne rétention d'eau et un développement de fines racines.

La granulométrie dépend de l'espèce, de la taille, de l'âge de l'arbre et du stade de formation. En règle générale, une terre à granulométrie de 2 à 6 mm est utilisée. On élimine par tamisage la fine poussière et les gros grains.

La capacité de rétention d'eau du mélange doit être adaptée à l'espèce, aux habitudes d'arrosage, au climat. Des grains à structure poreuse retiennent plus l'eau que des graviers à structure compacte. Ainsi les espèces préférant un sol plutôt sec, comme les pins ou les genévriers, demanderont une plus forte proportion de sable grossier ou de fin gravier alors que les espèces préférant un sol plus humide, demanderont une plus forte proportion de matières poreuses.

3. CONSTITUTION DU MELANGE TERREUX


Il est principalement composé de 4 éléments :

· terre humifère : riche en matières organiques, en humus, elle est généralement de couleur foncée presque noire. Elle va fournir aux bonsaï l'ensemble des éléments organiques nécessaires à leur survie. (ex :terreau)

· terre argileuse : modère les variations du Ph de la terre dues aux apports nutritifs et d’eau pure. Elle est capable de stocker les ions apportés par l’engrais pour les libérer ensuite. c’est elle qui assure le garde-manger de nos bonsaï. Sa principale propriété est la rétention en eau.(ex :akadama). Elle est également riche en oxyde de fer.

Attention : il existe de l’argile de mauvaise qualité qui durcit la terre et empêche les racines de respirer.

· terre sableuse : généralement de pH neutre, constitué de cristaux peu susceptibles de réagir avec l’eau ou les engrais. Elle n’apporte pas d’élément nutritif mais sa présence dans un mélange est indispensable pour assurer un bon drainage. Le sable utilisé en bonsaï est à gros grains. Éliminez ce qui passe par un tamis de 2 mm.

· Le calcaire : provient principalement de la lente décomposition des roches. Blanc et basique, il permet de neutraliser l'acidité des sols. Il est par contre relativement neutre vis à vis de l'eau et des engrais.



Lorsqu'on effectue ses premiers mélanges terreux, lors d'un rempotage, on est souvent désemparé face à la multitude des produits existants et des compositions des terreaux, terres de bruyères et autres composts. Le choix est d'autant plus difficile qu'il n'est jamais indiqué précisément les proportions d'humus, d'argile, de sable ou de calcaire.

Pour commencer, il faut avoir une idée des produits qui nous sont proposés :

Ø Les terres :

· la terre de jardin : en général très pauvre en humus, sa teneur en argile est bien trop élevée pour qu'un bonsaï puisse s'y développer sans problème. Plus elle est noire, plus sa teneur en humus est importante.

· Le terreau : C'est en réalité un mélange légèrement acide de compost, de tourbe et de fumier. En triant ce mélange et en ne gardant que la partie la plus fine, on dispose facilement d'un bon humus.

· La terre de bruyère : Très légère, noire, elle est acide et très pauvre. Le sable qu'elle contient assure un drainage minimal.

· Le compost : provient de la décomposition superficielle des végétaux. Très riche en humus, il est généralement acide.

· La tourbe : produit résultant de la décomposition centenaire de différentes mousses. Elle est très pauvre mais possède des propriétés physiques de rétention d'eau. Augmente l’acidité du mélange.

Ø Les matériaux drainant : non poreux ou imperméables.

· le sable :

De torrent ou de rivière.

· la perlite :

La perlite est maintenant universellement employée au lieu du sable ou de l'agrégat volcanique parce qu'elle est plus légère, stérile, et peu coûteuse.

Ø Les matériaux retenant l’eau : poreux et perméables.

· la pouzzolane :

Lave volcanique concassée très stable de pH neutre.

Peu de rétention d’eau.

Apporte du fer ce qui est intéressant pour certains arbres familiers des carences de ce type.

· la lutite :

La lutite ou pelite est une argile fossile du secondaire de couleur rouge-violet. C’est une terre de pH neutre. Son intérêt est la fixation des ions des fertilisants qu'ils soient solides ou liquides. Elle draine bien, mais retient un peu trop l'eau. A l'expérience, il est préférable de lui adjoindre un sable grossier à gros grains.

Pour les amateurs européens, c’est la terre de remplacement idéale de l’akadama.

Comme terre de culture, utiliser des grains de 1.5mm à 5mm. Mélanger la lutite à du sable de rivière (30% de sable pour les arbres à feuilles caduques et 70% de sable pour les conifères). Il ne faut pas oublier d'engraisser car la lutite n'apporte rien, ce n'est qu'un support de culture.

· Le tuf zéolitique :

Le tuf zéolitique est une roche d'origine volcanique calcaire ayant la structure poreuse. Sa structure lui permet de stocker l’eau, l’air, ainsi que les substances minérales. Tous ces éléments sont mis à la disposition du bonsaï à sa demande.

· l’akadama :

terre argileuse japonaise de couleur rouge-orange, légèrement acide, d’origine japonaise.


· la kanuma :

Granulés d'origine japonaise utilisés pour les plantes de terre de bruyère comme les azalées. pH assez acide.

Ø Les matériaux organiques : Ils augmentent fortement la rétention d'eau et sont généralement acides. Ils constituent aussi une fumure de fond car ils sont progressivement transformés par les micro-organismes en substances assimilables par l'arbre.

· Lombri-compost : compost décomposé par des lombrics qui sécrètent une substance favorisant l'enracinement.

· Fumier décomposé : C'est une fumure de fond. Il constitue une très bonne source de matières organiques.

· Écorce de pin broyée : Se décompose lentement et retient peu l'eau. Favorise l’apparition de champignons « amis » : les mycorhizes.

Ø Amendements : permettent de corriger un substrat.

· cendre de bois : mise au fond du pot :

Ø elle absorbe l’excès d’humidité.

Ø elle règle naturellement le pH du substrat en améliorant l’activité bactériologique.

· marc de café : apports en potassium.

· coquille d’œuf : apports en calcium.

· calcaire broyée (coquille d’œuf, d’huître) : réduit l’acidité.

Pour une personne qui débute en bonsaï, et qui ne veut pas prendre de risques, le rapport :

· 1/3 de terreau horticole.

· 1/3 de terre de jardin.

· 1/3 de sable grossier (un peu plus pour les résineux).

peut suffire pour démarrer.

Mais après des années de pratique, et surtout d’observation, le bonsaïka pourra par la suite se lancer dans ses propres mélanges.



Le mélange de terre doit correspondre aux besoins de la plante :

Ø Si une croissance rapide est nécessaire, ou si l’arbre est malade, le mélange de terre doit être grossier. (Ajouter du sable plus gros pour assurer un bon drainage).

Ø S’il n’est pas nécessaire d’avoir une croissance rapide, on utilise un mélange plus fin.

Ø Les arbres à feuilles caduques demandent plus de terre et de tourbe que de sable car leurs feuilles sont plus grandes que celles des arbres à feuilles persistantes. Ils évaporent plus d’eau, donc ils ont besoin d’une terre qui conserve plus d’humidité.

Ø Les conifères demandent plus de sable et moins de terre et de tourbe car ils poussent dans une terre plus pauvre et sèche et ont besoin d’une plus grande aération des racines.

Ø Nous recherchons très souvent à diminuer la taille du pot. Il faut donc compenser la perte de volume par un surcroît d’efficacité du nouveau substrat. Dans les mélanges disposant de peu de terre, le tuf zéolitique remplace le sable efficacement et a d’étonnantes capacités à favoriser le développement racinaire.

6. QUELQUES RECETTES SUIVANT LES ESPECES POUR VOS 1er REMPOTAGES
6.1. PLANTES CADUQUES ET PERSISTANTS
· 2 parts de terre de jardin.

· 1 part de terreau horticole.

· 3 parts de sable de rivière (granulométrie moyenne de 1.5 à 2 mm).

6.2. RESINEUX
· 2 parts de terre de jardin.

· 1 part de terreau horticole.

· 4 parts de sable de rivière (granulométrie moyenne de 1.5 à 2 mm).

6.3. PLANTES A FLEURS ET A FRUITS
· 3 parts de terre de jardin.

· 1 part de terreau horticole.

· 1 part de tourbe.

· 4 parts de sable de rivière (granulométrie moyenne de 1.5 à 2 mm).

6.4. PLANTES DE TERRE DE BRUYERE
· 1 part de terreau horticole.

· 1 part de tourbe.

· 2 parts de terre de bruyère.

Le drainage est réalisé avec de l’écorce de pin au fond du pot (pas de sable).

7. CONSEILS DIVERS
1. Pour qu’un mélange de terre soit prêt à l’emploi, il faut le préparer et le laisser environ 1 mois au repos.

2. Les terres ( de jardin, terreau, tourbe et de bruyère) sont tamisées au tamis moyen.

3. Ne réutiliser jamais de la vieille terre provenant d’un rempotage car elle n’a plus de qualité nutritive.

4. Si vous prélever de la terre en forêt ou en plein champ, observer les conditions de croissance des végétaux poussant à proximité. S’ils sont en bon état, c’est signe que le sol est bon.

5. Pour les végétaux recueillis dans la nature, la terre d’origine ne convient pas forcément car ils ont changé d’environnement.

6. Ne pas utiliser les matériaux calcaires en trop forte proportion : c'est un amendement qui modifie le pH de la terre d’où risque de chlorose (jaunissement des feuilles).

7. N’utiliser jamais de sable de mer.

8. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, les pots peu profond sèchent plus lentement que les pots profonds : dans les pots profonds, la colonne d’eau est plus grande et pèse plus, c’est pourquoi ils drainent plus vite.

9. Après un dépotage, la spiralisation des racines indique que celles-ci n’ont pas trouvé dans le mélange précédent les conditions d’oxygénation suffisantes. Par contre, un réseau de racines denses et bien ramifiées est un gage de santé et de parfait équilibre entre l’arbre et son mélange de terre.

10. Ce à quoi il faut penser au moment de faire un mélange de terre est la dimension des grains. C’est au moins aussi important que la composition du mélange :

-si nous plantons un arbre avec une fine ramification dans une terre à gros grains, les racines pousseront excessivement, et la ramification s’allongera.

-si nous voulons par contre que les branches d’un arbre poussent, nous utiliseront une terre à gros grains et nous arroserons plus souvent.

11. Les professionnels utilisent parfois des mélanges très drainant car ils peuvent arroser plusieurs fois par jour.

12. L’ennui avec les terres à bonsaï toutes préparées, c’est qu’on ne sait pas toujours pour quels types d’arbres elles conviennent.

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On dit qu'il faut beaucoup de temps pour faire un bonsaï, c'est faux, il faut un peu de temps, mais tous les jours et toute sa vie (J. Naka)

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Re: Substrat et mélange de terre

Message  Wakaï Azarashi le Mer 23 Juil - 10:47

Un petit tableau récapitulatif rubrique fiche technique, les mélanges de terres. Merci à mon très cher Kusamono San qui en l'auteur, mes respects maitre.

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